Plongeon dans l’univers créatif de Noëllie, Artistic Directors chez Diabeloop

Sa mission principale ? Être à l'écoute de celles et ceux qui veulent raconter une histoire et en faire un tableau.

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Diabeloop : Peux-tu nous parler de ton parcours chez Diabeloop ? 

Noëllie : J’ai rejoint Diabeloop il y a presque 4 ans. Au départ, j’avais été embauchée en tant que web designer. Mais, le champ d’action de mon métier a assez vite évolué vers une conception graphique globale, avec une dimension plus stratégique. Aujourd’hui, en tant que directrice artistique, je me concentre sur la création d’identité et le design visuel de la marque, avec la mission de garder une perspective cohérente, en plus de mes actions plus opérationnelles.

Diabeloop : Quel est ton parcours professionnel ? 

Noëllie : J’ai été graphiste indépendante, en France et à l’étranger. Mais je me suis rendu compte que travailler seule n’était pas ce que je préférais. De mon point de vue, on a parfois besoin d’être soutenu·e par une équipe, surtout en début de carrière.

Diabeloop : Être directrice artistique, qu’est-ce que cela signifie ? Et, chez Diabeloop, quel est ton rôle ? 

Noëllie : Techniquement, c’est être à l’écoute de quelqu’un qui veut raconter une histoire, être créative et trouver des moyens de traduire cette histoire visuellement. Si je devais le résumer, je dirais que je veille à la cohérence de la marque Diabeloop sur tous nos points de contact et tous nos supports. Je coordonne également le travail d’un web designer.

Diabeloop : Pour réussir en tant que Directeur Artistique, qu’est-ce que tu attends de toi-même et des autres ?

Noëllie : J’ai besoin penser utilisateur·ice à tout moment et de me demander « Comment le contenu va-t-il être utilisé et vu ? Je dois également tenir compte de la diversité des parties prenantes, les initiateur·ices du projet n’étant souvent pas les publics cibles finaux. J’ai absolument besoin du contexte (Quels sont les objectifs ? À qui nous on s’adresse ?..). Sans contexte et sans avoir en tête les objectifs attendus, je ne peux raconter une histoire que de mon propre point de vue. Et, parfois, ce n’est pas le bon.

Chez Diabeloop, nous nous adressons à la fois aux personnes vivant avec un diabète, qui ont besoin d’être comprises et que l’on leur parle de la bonne façon, et aux professionnel·les de la santé, pour qui nous devons être précis·es. En même temps, nous voulons faire passer un message positif et percutant et nous devons nous conformer aux exigences réglementaires. La créativité, l’adaptabilité et la flexibilité sont les clés pour que tout cela fonctionne et ait un impact. En orbite de tout cela, j’ai besoin d’être alimentée en contenu, en inspirations et en idées en permanence. La base est écrite, mais elle continue à être écrite !

Diabeloop : Globalement, quelles sont tes sources d’inspiration créative ?

Noëllie : Pour moi, l’inspiration vient de tout dans la vie de tous les jours : de l’emballage du fromage que tu manges, aux tatoueur·euses que tu suis sur les réseaux sociaux, en passant par la dernière grande campagne que tu peux voir en 4/3 dans le métro.

Les créatif·ves doivent garder les yeux ouverts et observer. Nous sommes constamment exposé·es, sans vraiment nous en rendre compte.

Diabeloop : Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton travail ? Tu peux nous donner des projets spécifiques à titre d’exemple ?

Noëllie : Être directrice artistique intégrée dans une entreprise est une formidable opportunité de construire beaucoup de choses différentes en interne. J’ai les connaissances de tout le monde à portée de main. Je peux relier le travail et l’expertise de nombreuses équipes différentes, les rendre cohérents et trouver un consensus visuel. J’ai également la possibilité de réunir des personnes pour co-construire certains projets. Le fait d’avoir un studio de conception intégré est très stimulant.

En termes de projets/réalisations, j’ai vraiment apprécié le tournage de notre campagne Live Without Interruption (2021). Nous avons imaginé toute l’histoire, nous avons décidé de ce que nous voulions avant d’être soutenu·es pour la réalisation. Nous avons vu tout ce qui se passait en coulisses. Dans la communication visuelle, en tant que consommateur·ice, nous voyons toujours l’image finie. Mais, organiser ce qui se passe en coulisses et en comprendre les rouages, c’est ce qu’il y a de mieux… C’était incroyable !

En général, les nouveaux projets me motivent à tous égards. Nous devons souvent réagir rapidement. Parfois, nous organisons des ateliers de création pour nommer les projets. En y participant, je contribue à écrire l’histoire depuis le début. Par exemple, un logo seul n’a pas de sens. Une identité visuelle n’est efficace que lorsqu’elle est complète.

Diabeloop : Parle-nous de ton plus grand défi !

Noëllie : En général, le domaine médical n’est pas vraiment attrayant. Dans le domaine du diabète en particulier, les gens vivent déjà avec une maladie chronique. S’ils ne sont exposés qu’à des contenus visuellement alarmistes, ce n’est pas très empouvoirant…

Contribuer à dynamiser le monde visuel médical est l’un des principaux défis. Le visuel est un vecteur qui fait appel aux émotions, en plus de la communication verbale. Pour conclure, je suis d’accord avec l’expression très populaire « une image vaut mille mots » !

Diabeloop : Qui sont tes artistes préféré·es ?

Noëllie : Wooow, c’est un exercice difficile. J’adore les artistes. Mais bon, en voici quelques-uns :

Diabeloop : De ton point de vue, quelles sont les qualités requises pour être un·e bon·ne directeur·rice artistique ? 

Noëllie : Pour moi, la bonne recette est la suivante :

→ Considérer les gens,

→ Assumer/défendre un parti pris créatif,

→ Trouver le bon équilibre entre guider les designers et les laisser s’exprimer.

→ Essayer de sortir des sentiers battus. Une base existe et il y a mille et une façons de rebondir autour d’elle.

Diabeloop : Des conseils/recommandations pour tes client·es (internes) ? 

Noëllie : On peut être le·a meilleur·a communicateur·rice mais ne pas faire passer le message correctement, et on sera vite oublié·e. On peut être l’un·e des pires communicateur·rices mais très bien délivrer le message, et cela nous assurera de la crédibilité. L’objectif reste d’être le meilleur possible, tant sur le fond que sur la forme. Mes « client·es » me donnent un objectif. Je dois savoir quels sont les objectifs attendus et par quels moyens le message sera délivré.

Cela m’aidera à donner de la force et de l’impact au projet. Mon rôle de DA est de favoriser le liant, de faire en sorte que tout soit cohérent pour parler d’une seule et même voix.

Diabeloop : Nous avons entendu dire que pendant ton temps libre, tu faisais de la sérigraphie. Peux-tu nous donner plus de détails ? 

Noëllie : En fait, pas seulement pendant mon temps libre. Je veux dire que j’étais entrepreneuse dans ce domaine jusqu’à récemment, à côté de mon travail chez Diabeloop. Je fais de la sérigraphie et de la gravure : deux techniques d’impression artistique artisanale que j’aime beaucoup. Il y a deux dimensions principales à ce que je fais. D’une part, je communique de manière plus artistique, en m’inspirant de mes expériences personnelles. D’autre part, je mets en musique les projets des autres de manière plus efficace. Cela me passionne vraiment, alors bien sûr, je continue à y consacrer du temps. En avril, j’ai participé à un marché des créateurs à Nantes et j’y ai exposé mes créations.

Diabeloop : Une dernière chose à ajouter ? 

Noëllie : Le métier de directeur·ice artistique ou de designer est parfois perçu comme plein de contraintes (en termes de contenu, de temps…). Mais nous avons la possibilité de les transformer en atouts. Je dirais que c’est une sorte de magie !